Faits sur L’ALPHABÉTISATION

Trop d’enfants, en particulier ceux vivant dans des ménages à faible revenu, ne développent pas les compétences en alphabétisation dont ils auront besoin pour réussir.

  • Le niveau d’alphabétisation est étroitement lié au revenu. Seulement 8 % des Canadiens à faible revenu se situent dans les deux niveaux d’alphabétisation les plus élevés combinés.i
  • La compétence en lecture en troisième année est un important indicateur de l’obtention du diplôme d’études secondaires.ii
    • « Jusqu’à la troisième année, les enfants apprennent à lire. Ensuite, ils lisent pour apprendre. Sans une base solide en lecture, les enfants sont laissés à eux-mêmes au début de leurs études. Chaque année, ils accusent un retard dans chaque matière, car plus de 85 % du programme est enseigné par la lecture. À la fin de la troisième année, c’est 74 % des lecteurs en difficulté qui ne rattraperont jamais leur retard. »iii
    • La quatrième année est le point critique de la compétence en lecture, car de plus en plus d’enfants échouent à la réussir. La convergence : 1) de l’augmentation des exigences des programmes scolaires; 2) des enseignants qui n’ont pas été formés pour enseigner la lecture à cet âge; 3) des enfants qui n’ont pas encore appris à lire avec aisance représente une triple menace pour tout développement ultérieur. iv
  • Le Canada est passé du 12e rang en 2011 au 18e rang mondial du classement PARRI (Programme d’aide aux réseaux de recherche internationaux) des lecteurs de quatrième année en 2016. v
    • Io En 2016, c’est environ la moitié des élèves canadiens de quatrième année qui lisait à un niveau avancé (13 %) comparativement aux élèves de quatrième année de Singapour (29 %) et de la Fédération de Russie (26 %).

Les niveaux d’alphabétisation des enfants et les ressources disponibles pour les aider varient considérablement d’une région à l’autre du Canada.

  • Au pays, c’est 25 % des ménages qui ne possèdent aucun livre. (Comparez ce taux à celui de la Norvège, où moins de 5 % des ménages n’en possèdent aucun.) vi
  • La présence de livres à la maison augmente le niveau d’études d’un enfant. vii
    • Selon une étude réalisée sur 20 ans dans 27 pays par la Dre Mariah Evans de l’Université du Nevada, à Reno, un enfant qui grandit dans une maison sans livres comparativement à un enfant qui grandit dans une maison munie d’une bibliothèque de 500 livres sera plus enclin à atteindre un niveau d’études supérieur, au même titre que les enfants dont les parents ont fait des études universitaires. Ces deux facteurs donnent aux enfants une avance de 3,2 ans en moyenne. Même si le foyer ne compte qu’une vingtaine de livres, l’incidence sur le niveau d’études de l’enfant sera considérable. Bref, plus il y a de livres, plus l’avantage sera grand. viii
  • Dans certaines provinces, 18 % des élèves de 8e année ont des compétences en lecture inférieures à la base, et la majorité d’entre eux sont des garçons. ix

L’amélioration de l’alphabétisation des enfants réduira l’analphabétisme chez les adultes ainsi que les importants coûts socioéconomiques et ceux reliés à la santé.

  • 17 % des adultes canadiens éprouvent des difficultés en compréhension de texte. x
    • En 2012, 17 % des adultes canadiens de 16 à 65 ans avaient un niveau d’alphabétisation correspondant au niveau 1 ou moins, ce qui signifie qu’ils pouvaient trouver seulement certains renseignements dans des textes courts ou qu’ils ne possédaient qu’un vocabulaire de base.
    • Environ 13 % des adultes seulement se situaient dans les deux plus importantes catégories de capacités de lecture et d’écriture (niveaux 4 et 5), ce qui signifie, par exemple, qu’ils étaient capables d’intégrer l’information provenant de multiples textes denses et de raisonner par déduction.
  • Un niveau de scolarité supérieur réduit considérablement les risques d’arrestation et d’incarcération. xi
    • Le bon développement du cerveau, en particulier pour les précurseurs de l’alphabétisation comme le langage, se joue dans les premières années. xii
    • o Au cours des premières années de vie, plus d’un million de nouvelles connexions neuronales se forment CHAQUE SECONDE. Par la suite, les connexions sont réduites par un processus appelé « élagage », qui favorise l’efficacité des circuits cérébraux.
  • Un niveau de scolarité supérieur réduit considérablement les risques d’arrestation et d’incarcération. xiii
  • Les enfants d’âge préscolaire qui se font faire la lecture sont plus enclins à lire ultérieurement. xiv
  • Sans intervention à la petite enfance, le faible niveau d’alphabétisation devient un problème générationnel. xv
    • Les enfants apprennent leurs premières compétences en alphabétisation de leurs parents ou de leurs gardiens. Les parents ou les gardiens peu alphabétisés ne font généralement pas la lecture à leurs enfants et ne leur montrent pas l’exemple en lisant ou en écrivant eux-mêmes, ce qui se répercute sur les capacités en lecture et en écriture que développeront ces enfants. Lorsqu’un enfant atteint l’âge scolaire, bon nombre des premiers stades de développement qui favorisent l’alphabétisation ont déjà eu lieu. Un enfant qui ne les a pas vécus dans le cercle familial est alors désavantagé.

  1. Heisz, A., Notten, G. et Situ, J. (2016). « Le lien entre les compétences et le faible revenu. » Regard sur la société canadienne. No 2016001. Statistique Canada, No 75-006-X201600114322 au catalogue https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/75-006-x/2016001/article/14322-eng.pdf
  2. National Research Council. (1998). Preventing Reading Difficulties in Young Children. Édition : C. Snow, S. Burns et P. Griffin, Committee on the Prevention of Reading Difficulties in Young Children. Washington, DC: National Academy Press. (Source originale, non disponible en ligne) Feister, L. (2010). EARLY WARNING! Why Reading by the End of Third Grade Matters. Baltimore, MD: The Annie E. Casey Foundation. Page 9. https://www.aecf.org/m/resourcedoc/AECF-Early_Warning_Full_Report-2010.pdf
  3. The Children’s Reading Foundation. Third Grade Reading Success Matters. Web. Accès le 15 octobre 2018. https://www.readingfoundation.org/third-grade-reading-matters
  4. Wolf, M. (2007). Proust and the Squid: The Story and Science of the Reading Brain. New York: HarperCollins.
    Wolf, M. (2016). Tales of Literacy for the 21st Century. Oxford: Oxford University Press.
    Wolf, M. (2018). Reader, Come Home: The Reading Brain in a Digital World. New York: HarperCollins.
  5. Mullis, I. V. S., Martin, M. O., Foy, P. et Hooper, M. (2017). PIRLS 2016 International Results in Reading. TIMSS & PIRLS International Study Center, Boston College. http://timssandpirls.bc.edu/pirls2016/international-results/pirls/performance-at-international-benchmarks/achievement-at-the-international-benchmarks/ Mullis, I.V.S., Martin, M.O., Foy, P. et Drucker, K.T. (2012). PIRLS 2011 International Results in Reading. Chestnut Hill, MA: TIMSS & PIRLS International Study Center, Boston College. https://timssandpirls.bc.edu/pirls2011/reports/downloads/P11_IR_Chapter2.pdf
  6. Statistique Canada (11 mai 2005). 2005. Accès le 15 octobre 2018. https://ca.awp.autotask.net/3/filelink/c56mq-cyd5xm-4lkdbxy4
  7. University of Nevada, Reno. « Books in home as important as parents’ education in determining children’s education level. » ScienceDaily. 21 mai 2010. https://www.sciencedaily.com/releases/2010/05/100520213116.htm
  8. M.D.R. Evans, Jonathan Kelley, Joanna Sikora, Donald J. Treiman. «Family scholarly culture and educational success: Books and schooling in 27 nations.» Research in Social Stratification and Mobility, 2010; DOI: https://doi.org/10.1016/j.rssm.2010.01.002
  9. O’Grady, K., Fung, K., Servage, L. & Khan, G. (2018). « PCAP 2016: Report on the Pan-Canadian Assessment of Reading, Mathematics, and Science. » Council of Ministers of Education, Canada. https://www.cmec.ca/Publications/Lists/Publications/Attachments/381/PCAP-2016-Public-Report-EN.pdf
  10. Heisz, A., Notten, G., & Situ, J. (2016). «The association between skills and low income.» Insights on Canadian Society. Issue Number 2016001. Statistics Canada Catalogue 75-006-X201600114322. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/75-006-x/2016001/article/14322-eng.pdf
  11. Canadian Council on Learning, «Reading the Future: Planning to meet Canada’s future literacy needs» (Ottawa: 2008). Page 6. http://www.en.copian.ca/library/research/ccl/future/future.pdf
  12. Center for the Developing Child, Harvard University. Key Concepts: Brain Architecture. Web. Accès le 15 octobre 2018. https://developingchild.harvard.edu/science/key-concepts/brain-architecture/. Consulter aussi les récentes études d’imagerie cérébrale du neuropédiatre John Hutton, cité dans Wolf, 2018.
  13. Lochner, L. et Moretti, E. (2004). « The Effect of Education on Crime: Evidence from Prison Inmates, Arrests, and Self-Reports », American Economic Review, American Economic Association, vol. 94(1), pages 155-189, Mars. https://ideas.repec.org/a/aea/aecrev/v94y2004i1p155-189.html
  14. Wolf, M. (2018). Reader, Come Home: The Reading Brain in a Digital World. New York: HarperCollins.
  15. ABC Life Literacy Canada. « What are the effects of low literacy ». Web. Accès le 15 octobre 2018. https://abclifeliteracy.ca/sites/default/files/Effects.pdf